Donner une mémoire à ton agent IA

Plus une IA a de contexte, moins elle est précise. Ça fait que plutôt que de tout garder en mémoire, la mémoire vit dans des fichiers markdown que l’agent va lire seulement quand il en a besoin. Trois commandes suffisent.

Alexandre Mercier4 min de lecture

Le problème avec une grosse mémoire

L’intuition dit qu’un agent qui se souvient de tout va mieux travailler. C’est le contraire. Plus tu empiles de contexte dans une fenêtre, plus le signal se dilue : l’agent finit par sortir des réponses moyennes sur tout au lieu d’une réponse précise sur ta question.

Fait que l’idée, c’est d’arrêter de tout garder en tête. La mémoire vit dans des fichiers markdown sur le disque, et l’agent va en lire juste le morceau dont il a besoin, juste au moment où il en a besoin. Trois commandes suffisent pour que ça roule : une pour se réveiller, une pour ouvrir la journée, une pour se coucher.

La structure

Un dossier maître, un fichier de règles à la racine, un dossier memory/ avec une note par jour, et trois skills.

dossier-maître/
├── AGENTS.md
├── memory/                    ← une note par jour
├── projects/
└── .opencode/skills/
    ├── boot/SKILL.md
    ├── morning/SKILL.md
    └── wrap/SKILL.md
Arborescence du dossier maître

Les 4 fichiers

Copie-les tels quels. Il y a rien à adapter pour que ça roule, à part le contenu de AGENTS.md qui décrit ton monde à toi.

AGENTS.md, les règles du jeu

Ce fichier répond à deux questions : qui tu es, et comment l’agent doit travailler avec toi. C’est le seul des quatre que tu dois réécrire pour ton contexte.

AGENTS.md
# Workspace

## Qui je suis
- Consultant en automatisation IA pour PME. On se tutoie. Français québécois. Direct.

## Comment tu travailles (toi, l'IA)
- Pas de filler. Pas de « Excellente question ». La réponse, c'est tout.
- Bref. Si ça tient en une phrase, une phrase.
- Opinioné. « Ça dépend » c'est un cop-out. Commit à un take.
- JAMAIS de tiret long. Utilise `:`.

## Ta mémoire
- Tu te réveilles amnésique à chaque session. C'est VOULU.
- Ta mémoire = des fichiers markdown dans `memory/`. Tu les lis au réveil, tu les écris avant de dormir.
- Si tu veux te souvenir de quelque chose, ÉCRIS-LE. Les notes mentales survivent pas.

/boot, le réveil

Au début d’une session, l’agent lit les règles et la note la plus récente, pis il te dit où on en était. En lecture seule : il charge, il modifie rien.

.opencode/skills/boot/SKILL.md
---
name: boot
description: Charge le contexte mémoire pour démarrer une session
---
# /boot - Réveil
Charge le contexte pour démarrer avec la mémoire complète.

## Étapes
1. Lis le `AGENTS.md` à la racine (qui je suis, comment tu travailles).
2. Lis la note la plus récente dans `memory/` (où on en était).
3. Affiche un résumé de 3 lignes: où on en est, ce qui est en cours, la prochaine étape.

## Règle
- Read-only. Tu charges le contexte, tu modifies rien.

/morning, ouvrir la journée

Crée la note du jour avec un frontmatter et des sections vides. Ça a l’air trivial, mais c’est ce qui garantit qu’il y a toujours un endroit où écrire.

.opencode/skills/morning/SKILL.md
---
name: morning
description: Crée la note quotidienne dans memory/
---
# /morning - Matin
Crée la note quotidienne du jour dans `memory/`.

## Étapes
1. Crée `memory/AAAA-MM-JJ.md` (date du jour) avec un frontmatter YAML:
   - date: AAAA-MM-JJ
   - type: daily
   - status: in-progress
2. Ajoute les sections vides: `## Objectifs`, `## Notes`, `## Prochaines étapes`.
3. Confirme le chemin du fichier créé.

/wrap, le coucher

La commande la plus importante des trois. Si la session finit sans écrire, tout ce qui s’est passé disparaît. C’est ce qui transforme une conversation jetable en mémoire.

.opencode/skills/wrap/SKILL.md
---
name: wrap
description: Résume la session et l'écrit dans memory/
---
# /wrap - Coucher
Résume la session et écris-la dans la mémoire.

## Étapes
1. Résume ce qu'on a fait, décidé, pis les prochaines étapes.
2. Écris-le dans `memory/AAAA-MM-JJ.md` (date du jour) avec un frontmatter YAML (date, type: daily).
3. Confirme le chemin du fichier écrit.

Pourquoi ça marche

  • L’amnésie devient un choix, pas un bug. L’agent se réveille vide et va chercher ce qu’il lui faut, au lieu de traîner six mois de conversation.
  • C’est du markdown sur ton disque. Lisible par toi, versionnable dans git, pas prisonnier d’un outil. Tu changes d’agent demain, ta mémoire suit.
  • Ça se déclenche à la demande. Une skill n’est chargée que quand tu l’appelles, donc elle coûte rien tant que tu t’en sers pas.

Le piège classique, c’est de laisser la mémoire enfler jusqu’à ce qu’elle redevienne le problème qu’elle réglait. Une note par jour, une revue de temps en temps, pis tu jettes ce qui sert plus.

  • Agents IA
  • OpenCode
  • Claude Code
  • Contexte
  • Productivité

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